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Catalogue : Littérature // Littérature française // XVIIe siècle // Divers

Racine : Bérénice

Editeur : Hatier Parascolaire
De : Jean-Luc Vincent 
 
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Fiche technique

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Résumé

Introduction





Bérénice est une œuvre tragique écrite par Jean Racine en 1670 ( XVII ème siècle ). Elle évoque souvent la passion amoureuse, au centre de l’action entre les personnages. En effet Titus et Antiochus, l’un empereur romain, l’autre roi de Commagène sont rivaux dans leur amour pour Bérénice. Bérénice, quant à elle, est sur le point d’épouser le premier. Ce type de relation triangulaire est caractéristique de la tragédie racinienne.



I ) De longues amours



a ) De fréquentes évocations de la naissance de la passion



Pour Antiochus, évoquer la naissance de son amour, c’est justifier sa présence à Rome, c’est même fonder ses droits de prétendant sur le fait qu’il fut le premier à demander la main, en Judée, de Bérénice.

'Madame, il vous souvient que mon cœur en ces lieux reçut le premier trait qui partit de vos yeux ; j’aimai, j’obtins l’aveu d’Agrippa votre frère, ' rappelle-t-il à l’acte I, scène 4.



Il oppose à ce souvenir le surgissement, dont la rapidité est signifiée aussi par le rythme et la brièveté du vers :

'Titus, pour mon malheur, vint, vous vit et vous plut ' La réciprocité est signifiée par le même procédé, lorsque Titus retourne aux origines de son amour :

' Je l’aimai, je lui plus', dit-il (vers 531, Acte I, scène.IV)

Dans lequel lui aussi voit un trait du destin :

'Cette journée

dois-je dire funeste, hélas ! ou fortuné ? ' (vers 532)



b) Les rappels de la durée de la passion.



L’histoire de l’amour passé donc, mais aussi sa durée, expliquent l’amour présent.

Elles excusent ces audaces, telle celle de l’aveu d’Antiochus à l’acte II.

'Après cinq ans d’amour et d’espoir superflus

Je pars, fidèle encore quand je n’espère plus.' (scène 4)



c) Le rôle du temps



Cette durée a resserré les liens amoureux, selon Titus.

'Je me suis fait un plaisir nécessaire

De le voir chaque jour, de l’aimer, de lui plaire'.



La durée identique de leur amour appuie le parallélisme entre Titus et Antiochus

'Depuis cinq ans entiers, chaque jour je la vois', résume l’empereur. (acte II scène 4)



Pour Bérénice aussi, le temps a rendu l’amour progressivement plus intense :

'Ignorez-vous vos lois, reproche-t-elle à Titus,

Quand je vous l’avouai pour la première fois ?

A quel excès d’amour m’avez-vous amenée ! '





C’est ce que signifie aussi l’emploi de l’adverbe intensif 'plus', associé à ' jamais ', dans les propos de Titus :

'Jamais puisqu’il faut vous parler

Mon cœur de plus de feux ne se sentit brûler.' (acte II scène 4)

L’habitude de se voir n’aboutit donc à aucune lassitude, bien au contraire ; malgré le temps, la présence de l’être aimé est demeurée indispensable.





II ) La présence nécessaire de l’être aimé



a ) La parole et le silence



A l’amour partagé sont associées les douces paroles, elles sont une expression privilégiée de l’amour. Titus ' se cache à sa cour,

Lorsqu’il vient à la reine expliquer son amour'.

A la fin de l’acte I, Bérénice envisage cet échange :

'Je reviens le chercher, et dans cette entrevue

Dire tout ce qu’aux cœurs l’un de l’autre contents

Inspirent des transports retenus si longtemps'.





Cette symbiose entre amour et parole est aussi manifeste dans le fait que l’interdiction de l’amour impose le silence.

'Votre bouche a la mienne ordonne se taire', rappelle Antiochus, qui a précisé

'Je me suis tu cinq ans Madame, et vais encore me taire plus longtemps'.



Pour autant, toute parole n’est pas d’amour : à 'des serments', Bérénice préfère 'un simple soupir', prête à oublier ses malheurs 'pour un mot'.

De même que Titus ne parvienne pas à signifier la rupture n’est pas lâcheté, c’est qu’il ne sait et ne peut, amoureux qu’il est, qu’exprimer l’amour en face de Bérénice.

'Dès le premier mot, ma langue embarrassée dans ma bouche vingt fois a demeuré glacée.'

C’est que, à mi chemin entre silence et éloquence, cette passion est le souffle même des personnages :

'Ah ! qu’il m’explique un silence si rude. Je ne respire pas dans cette incertitude', se plaint Bérénice.

Et la rupture engendre la suffocation, Bérénice demande à son aimé :

'Pourquoi m’enviez-vous l’air que vous respirez ? '

A quoi fera écho une interrogation, cette fois toute rhétorique, de Titus :

' Moi-même en ce moment sais-je si je respire ?'



b ) Le rôle du regard



' Un soupir, un regard, un mot de votre bouche,

Voilà l’ambition d’un cœur comme le mien

Voyez-moi plus souvent et ne me donnez rien. '

Cette réplique de Bérénice résume et répète ce qu’elle attend de l’amour.



C’est en effet le regard qui semble concentrer avec le plus de force le lien amoureux, lui seul menace la fermeté de Titus :

'Soutiendrai-je ces yeux dont la douce langueur sait si bien découvrir les chemins de mon cœur ? Quand je verrais ces yeux armés de tout leurs charmes attachés sur les miens m’accabler de leurs larmes me souviendrai-je alors de mon triste devoir ? '



c ) Les exils.



L’exil est, entre autres, défini comme une obligation de séjourner hors d’un lieu ou loin d’une personne que l’on regrette. Ces deux acceptions alternent dans cette tragédie.



L’acte d’exposition nous l’apprend : Antiochus a quitté par amour l’état sous lequel il règne :

'Mon désespoir tourne mes pas vers l’Italie', explique-t-il.



Il rappelle que Bérénice fit de même :

'Rome vous vit, Madame, arriver avec lui. '



Dans l’exil de la Reine, Titus décèle une passion exclusive :

'Étrangère dans Rome, inconnue à la cour,

Elle passe ses jours, Paulin, sans rien prétendre

Que quelque heure à me voir et le reste à m’attendre.'





Néanmoins, la rupture n’est pas l’occasion d’un retour consolateur. Elle provoque au contraire un nouvel exil, plus authentique, semble-t-il, que le premier.

'Je ne consens pas de quitter ce que j’aime pour aller loin de Rome écouter d’autres vœux', précise Bérénice à l’adresse d’Antiochus, à la dernière scène.





D’autre part, la séparation avec Bérénice, subie par Titus, et le déplacement dans l’espace, qui manquera la soumission d’Antiochus, sont mis sur le même plan :

'Titus m’aime, il me quitte. Portez loin de mes yeux vos soupirs et vos fers.'





Ainsi, par des renversements spectaculaires, en place d’une mort tragique, la pièce s’achève sur un triple exil : celui qui sépare l’amoureux de l’être aimé.



Conclusion

Au regard de l’amour passionné qui les lie de longue date, créant le besoin de la présence de l’être aimé, l’acceptation de la séparation,par les héros apparaît indubitablement comme un sacrifice. Leur vie future semble impossible dans ce renoncement, comme l’a montré la descrition des liens vitaux entre les amoureux.

Titus et Bérénice, qui choisissent ce sacrifice, en sortent magnifés.







Fiche technique

EditeurHatier Parascolaire
AuteurJean-Luc Vincent 
Nb de points1

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