Son nikon 28 mm sur les genoux, Christine Spengler file vers le bâtiment encore éclairé:l'Hôtel Continental , rendez vous des journalistes de SAIGON.Nous sommes en 1973. Les grandes agences de photo américaines continuent d'avaler jour et nuit des kilomètres de pellicules. Au dis- septième étage de l'immeuble de l'Associated Press, le grand patron de l'agence, Horst Faas , surnommé Orson Welles, ne dort jamais et vit plié en deux sur une table de négatifs , une loupe à la main.
'Bonsoir, je veux aller au front demain', annonce Christine.La masse se redresse, examine ce visage de poupée japonaise.Le Vietnam a déjà tué cinquante trois photographes.'Well, baby, très facile', répond Orson Welles: 'Soyez là demain à 5h30....'