Pour contrer les idéologies impérialistes encore présentes à divers degrés et de différentes manières dans de nombreux discours tenus en France et ailleurs en Occident, il faut que les artistes néo-japonistes (c'est à dire ceux qui subissent ou acceuillent des influences japonaises) fassent un travail (auto)critique important sur les plans artistique et idéologique. Or, de nombreux auteurs français, contrairement à la plupart des auteurs anglosaxons contemporains, produisent des oeuvres qui ne répondent qu'insuffisamment à ces besoins critiques et à cette nouvelle société multiculturelle où les Autres ne sont pas seulement tolérés mais sont aussi partie prenante dans leurs représentations, politiques et artistiques.
En fait, l'auteur soutient ici la thèse que la résistance des artistes français à produire des oeuvres critiques est d'autant plus évidente que l'Autre est fort et perçu comme menaçant, non seulement dans les représentations politiques, médiatiques et artistiques, mais aussi dans sa présence économique (matérielle et quotidienne), comme c'est le cas du Japon(ais) qui depuis plus d'un siècle a réussi à se hisser au niveau des surpuissances, au moins économiquement et culturellement.