Depuis ses premiers livres, Histoire d'amour, Clémence Picot ou plus récemment Univers, univers, Jauffret approche au plus près l'union du réalisme et de la schizophrénie, glissant vers l'absurde, tel un Ionesco du troisième millénaire, faussement frivole et totalement inquiétant. Outre la construction par strate, il réussit à donner un rythme effréné à une histoire parfaitement immobile, comme dans le théâtre de boulevard où les portes claquent, où l'on sait que derrière le décor il n'y a que des machinistes, un trou noir et quelques objets en carton-pâte. Derrière le roman de Régis Jauffret, qu'y a-t-il? Une pirouette en dernière page pour nous laisser entendre qu'on n'avait rien compris et que tout est à revoir à l'aune de la dernière ligne.